Bonjour,
Je me présente, Normand Joly, médecin vétérinaire pour les chevaux.
Cela fait plus de 30 années que j’ai gradué. J’ai consacré les 10 premières années dans les cantons de l’est. Après un intermède de 6 ans comme directeur d’un hôpital vétérinaire à but non lucratif au Maroc, j’ai renoué avec mon premier amour, c’est-à-dire la médecine vétérinaire équine dans la région Laurentides-Lanaudière. Mes intérêts sont multiple soit : la médecine, les boiteries, l’ophtalmologie, la dentisterie pour ne nommer qu’eux. Aussi, j’ai participé à plusieurs projets éducatifs dans différents pays d’Amérique du sud en collaboration avec la W.S.P.A. Aujourd’hui, je consacre tout mon temps à ma clientèle et à ma petite famille quoique je demeure lié à la W.S.P.A. à titre de membre du conseil d’administration. Je vous propose une chronique vétérinaire qui se veut simple et pratique. J’espère qu’elle vous plaira et qu’elle vous sera utile. Bonne lecture!
Pour me rejoindre: (514) 395-4671
La dentition
Pourquoi s’attarder aux dents? Les chevaux dans la nature n’ont pas de dentiste pour s’occuper de leur dentition. Les chevaux dans la nature sont laissés aux bons soins des prédateurs. Une bouche mal en point égale un repas chaud pour les amateurs de viande rouge.
Pourquoi les dents ont besoin d’une attention particulière?
D’une part les dents s’usent en biseau parce que la mâchoire supérieure est plus large que la mâchoire inférieure. Cette particularité permet au cheval d’augmenter sa surface de contact ce qui optimise de façon importante cette fonction vitale qu’est la mastication. L’usure en biseau fait en sorte que les prémolaires et les molaires deviennent tranchantes et incommodent le cheval à un point tel qu’il peut arrêter de manger. Mais le plus souvent le cheval va prendre plus de temps pour manger sa ration quotidienne, il va moins bien mastiquer ce qui le prédispose à des problèmes digestifs (ex : constipation). L’inconfort avec la bride est un autre problème relié aux dents pointues. Souvent indétectable par le cavalier moyen, l’inconfort sera possiblement noté par un cavalier expérimenté. Cela se traduit par un cheval qui secoue la tête au travail ou qui offre une résistance lorsqu’il tourne la tête ou tout simplement le cheval collabore moins qu’à l’accoutumé. A ne pas confondre avec l’inconfort occasionné par les dents de loup (1ere prémolaire) au contact du mors.
D’autre part, la table dentaire présente souvent des défauts de conformation reliés à une anomalie congénitale (ex : prognathisme ou bec de perroquet) ou a un défaut de croissance/d’usure anormale d’une ou de plusieurs dents. L’usure normale d’une dent est toujours dépendante de sa sœur jumelle c’est-à dire la dent opposée. Si l’une est défectueuse, sa sœur jumelle le sera inévitablement. Par exemple, si une dent s’use prématurément, sa jumelle va pousser de façon excessive. Autre exemple, si les dents de la mâchoire supérieure sont déplacées vers l’avant, le cheval développera à coup sûr un crochet sur la dernière molaire de la mâchoire inférieure. J’ai déjà vu des crochets de
Il s’avère que les problèmes de dentition sont très très fréquents. Nos voisins du sud commencent à râper les dents dès l’âge d’un an et ils suggèrent d’intervenir 2 fois /année. Personnellement je ne crois pas que ce soit nécessaire de commencer si jeune à moins d’un cas particulier. Dans le meilleur des mondes, un examen et un râpage par an est l’idéal, quoiqu’il soit pertinent d’intervenir 2 fois/année pour un cheval de haut calibre. Comme je dis parfois à mes clients, si je jouais dans la ligue nationale de hockey, je changerais mes patins fréquemment mais puisque je joue 3 parties par hiver dans une ligue improvisée parents-enfants, je conserve mes vieux patins. Donc il y a le meilleur des mondes et il y a la réalité : un examen/râpage au 12 mois est l’idéal, aux 18 mois c’est acceptable, aux 24 mois c’est limite.
Le dernier point que je veux aborder : le limage des incisives (les dents en avant). Dans un étude réalisée sur 600 chevaux à l’université de Saskatoon, 2 ou 3 chevaux ont eu besoin d’un limage des incisives. Le Dr. Michael Q. Louder, spécialiste en dentisterie et ma collègue
Au plaisir!









